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Idée reçue

« Les panneaux abîment le toit et provoquent des fuites »

Posés par-dessus la couverture, les panneaux la laissent en place. Posés à la place des tuiles, ils en prennent le rôle, et l'AQC documente les désordres.

Par , ingénieur INSA en génie climatique. Publié le , vérifié le .

4 min de lecture

D'où vient l'idée ?

L'idée vient d'une période où les panneaux remplaçaient la toiture, parce que le tarif d'achat de l'époque récompensait cette pose. En intégration au bâti, on retire les tuiles et les modules deviennent la couverture. L'étanchéité du toit repose alors sur le système de pose.

Couverture et électricité se retrouvent dans le même ouvrage, posé par la même entreprise. L'Agence Qualité Construction dit avoir reçu de nombreuses remontées de sinistres sur ces installations intégrées. Elle a commandité une étude pour en établir l'état des lieux.

L'autre pose ne touche pas au rôle de la couverture. En surimposition, les tuiles restent en place : des crochets les traversent, des rails s'y fixent, et les panneaux se posent au-dessus avec une lame d'air derrière.

Dans la conversation courante, les deux techniques portent le même nom. Les sinistres de la première ont donc nourri la réputation de la seconde, et l'idée a survécu au régime qui l'avait fait naître.

Ce que disent les chiffres

L'étude de l'AQC a porté sur 195 rapports d'expertise, concernant des installations en toiture mises en œuvre entre 2008 et 2012. Elle est parue en octobre 2013, et c'est le seul décompte que l'agence publie sur ces pages.

Elle n'en tire pas de taux de sinistralité, et nous n'en inventons pas. Pour calculer une part de désordres, il faudrait connaître le nombre total d'installations posées sur la même période, que ces pages ne donnent pas.

Ce que l'AQC décrit, en revanche, est précis. Sa fiche sur les installations intégrées nomme deux familles de dommages : des défauts d'étanchéité venant de la couverture photovoltaïque, et des départs d'incendie venant du circuit électrique. Pour la première, le point sensible est le traitement des rives, des abergements et des raccords, et pour la seconde la connectique et la mise à la terre.

Sa commission de prévention des produits tient à jour la liste des familles à facteurs de risques aggravés. Les procédés photovoltaïques intégrés y figurent : deux familles mises en observation, en juillet 2015 et en janvier 2018. Les deux communiqués visent des systèmes où les modules assurent eux-mêmes l'étanchéité de la toiture.

Cette mise en observation n'est pas un jugement sur la qualité d'un produit. Elle prévient les professionnels d'un risque aggravé, et elle peut entraîner des conditions spéciales d'assurance. Ces pages visent les procédés intégrés, et nous n'y avons pas lu le même constat sur la surimposition.

Ce qui reste vrai

Un toit se répare avant de recevoir des panneaux : une couverture fatiguée ou une charpente douteuse se reprennent avant la pose, pas sous les modules. L'AQC demande d'ailleurs un diagnostic de solidité de la charpente parmi ses bonnes pratiques.

Une pose en surimposition traverse quand même la couverture, et ces percements se font selon les règles de l'art. Il suffit d'un crochet mal posé ou d'un raccord bâclé pour que l'eau passe. L'AQC montre ce cas parmi ses exemples, avec une tuile cassée pendant le chantier, réparée de fortune, dont l'étanchéité ne tient pas dans le temps.

Le poids ajouté par les panneaux se vérifie sur une charpente ancienne, avant la signature. C'est l'objet du diagnostic de solidité, et c'est à l'installateur de le mener.

L'entretien compte autant que la pose. L'AQC recommande la ventilation en sous-face des modules et un nettoyage régulier des panneaux, feuilles mortes comprises, par du personnel qualifié et habilité.

Ce que ça change pour vous

Demandez une pose en surimposition, et faites écrire le mot sur le devis de panneaux solaires. Elle laisse votre couverture assurer sa fonction, et elle se démonte sans y toucher.

Si le projet reste en intégration, demandez un système complet sous Avis Technique en cours de validité. C'est la bonne pratique que l'AQC met en tête, et c'est ce qui distingue les procédés visés par sa mise en observation.

La garantie décennale se demande par écrit, avec l'attestation d'assurance et l'activité déclarée dessus. Comme ce chantier touche à la couverture et à l'électricité, vérifiez que les deux y figurent.

Vérifiez enfin la qualification RGE QualiPV de l'entreprise avant tout le reste. La méthode, les lignes à comparer et les questions à poser sont dans le guide choisir un installateur. Nous ne vendons rien aux particuliers : le calcul est à vous, et le devis reste le vôtre.

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Sources

  1. Installations photovoltaïques raccordées au réseau et intégrées au bâtiment, Agence Qualité Construction. Consulté le 14 septembre 2026.
  2. Panneaux photovoltaïques : état des lieux des pathologies, Agence Qualité Construction. Consulté le 14 septembre 2026.
  3. Familles de produits et procédés mises en observation, Agence Qualité Construction, Commission prévention produits. Consulté le 14 septembre 2026.