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Idée reçue

« Les panneaux solaires ne se recyclent pas »

La reprise des panneaux usagés est obligatoire depuis 2014. Soren publie chaque année ce que la filière française collecte, traite et valorise. Les chiffres.

Par , ingénieur INSA en génie climatique. Publié le , vérifié le .

4 min de lecture

D'où vient l'idée ?

La filière est jeune, et on a longtemps pu l'ignorer. Les panneaux posés dans les années 2010 durent encore. Tant qu'un déchet n'arrive pas, la chaîne qui le traite reste invisible, et on la croit inexistante.

Le mot recyclage brouille aussi la lecture. Un panneau n'est pas un objet d'une seule matière. C'est un empilement de verre, d'aluminium, de polymères, de silicium, de cuivre et d'argent, collé et laminé pour tenir environ vingt-cinq ans dehors.

Séparer cet empilement demande des procédés différents pour chaque couche, et certaines se récupèrent facilement, d'autres beaucoup moins. De là vient l'idée que rien ne se récupère, alors que la réalité est inégale selon la matière.

L'obligation existe pourtant depuis longtemps. Une directive européenne encadre les déchets d'équipements électriques et électroniques. Un décret du 19 août 2014 l'a transposée en droit français, et il range les panneaux photovoltaïques dans son champ.

Ce que disent les chiffres

La reprise n'est pas un service commercial, c'est une obligation à la charge de ceux qui mettent les panneaux sur le marché. Ceux qui vendent des panneaux en France financent leur collecte et leur traitement, par un système individuel approuvé ou en adhérant à un organisme collectif agréé. Soren est cet organisme pour le photovoltaïque.

Son rapport d'activité 2025 donne le compte. La filière a collecté 13 760 tonnes de panneaux usagés en France sur l'année. Elle en a traité 12 736 tonnes, par un réseau de points d'apport volontaire et d'enlèvements sur site.

Le taux de valorisation atteint 94 % des tonnes traitées, et il se lit avec sa définition. Il additionne le recyclage matière et la valorisation énergétique, et il se calcule sur le tonnage traité, pas sur le tonnage collecté.

Le reste part en élimination, et Soren le publie aussi, avec la répartition exacte entre les trois destinations. C'est ce qui permet de vérifier le taux plutôt que de le croire.

Les tonnages à venir seront d'un autre ordre de grandeur. Soren écrit que les millions de panneaux posés aujourd'hui représenteront près de 180 000 tonnes à traiter en 2040, en retenant une durée de vie des panneaux d'environ vingt-cinq ans pour arriver à ce chiffre.

Ce qui reste vrai

Le taux se joue d'abord sur le verre. Dans le poids d'un module décomposé par le Fraunhofer ISE, le verre pèse 67,45 % de la masse d'un module, devant le cadre en aluminium. Récupérer ces deux matières suffit à faire un taux élevé, sans rien dire des autres.

Les matières rares, elles, se récupèrent encore mal. Le silicium des cellules ne pèse que 2,73 % de la masse d'un module, l'argent 0,03 % de la masse d'un module. Le Fraunhofer ISE écrit que seuls le verre, le cadre et la boîte de jonction sont recyclés aujourd'hui, pour des raisons économiques.

La règle européenne fixe pourtant un minimum. Le même rapport rappelle que la directive impose de traiter et de recycler au moins 80 % de la masse d'un module usagé. Il ajoute qu'il est techniquement possible de recycler presque toute la matière d'un module, ce qui ne veut pas dire que c'est fait.

Soren nomme ce travail dans son rapport. L'éco-organisme cite ses recherches sur la récupération du silicium, du cuivre et de l'argent, avec le CEA et des projets européens. La filière connaît donc ce qui lui manque, et elle l'écrit.

Ce que ça change pour vous

L'écoparticipation se paie en amont et se répercute jusqu'à vous. Soren demande aux revendeurs de la reporter sur leurs factures, sans marge ni ristourne. Cherchez-la sur le devis, et demandez à votre installateur si son fournisseur adhère bien à l'éco-organisme.

Le jour du démontage, vos panneaux ne partent pas à la benne. L'installateur qui dépose peut les reprendre, ou vous les déposez dans un point d'apport volontaire, et le traitement a déjà été financé à l'achat.

Une promesse de recyclabilité ne distingue pas un panneau d'un autre, chinois ou européen : la même obligation s'applique à tous ceux qui en vendent en France. Ce qui distingue un devis reste le matériel, la pose et le prix de l'installation.

Comparez donc les entreprises plutôt que les promesses, avec les pièces à demander et les lignes à comparer que donne le guide choisir un installateur.

Nous ne vendons rien aux particuliers et nous ne représentons aucune filière. Les chiffres ci-dessus viennent du rapport public de l'éco-organisme, avec le lien pour les relire vous-même.

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Sources

  1. Rapport d'activité 2025, Soren, éco-organisme agréé pour les panneaux photovoltaïques usagés. Consulté le 14 septembre 2026.
  2. La responsabilité élargie du producteur, législation producteurs, Soren. Consulté le 14 septembre 2026.
  3. Photovoltaics Report, Fraunhofer Institute for Solar Energy Systems ISE, avec PSE Projects GmbH, Fribourg, 14 juillet 2026. Consulté le 14 septembre 2026.