Produire son électricité
Produire sa propre électricité : ce qui est possible en 2026
Une maison couvre une part de sa consommation avec son toit, pas la nuit ni sous un ciel couvert, et reste raccordée. Le calcul par HésiaSun, sur un cas réel.
Par Eric Pudebat, ingénieur INSA en génie climatique. Publié le , vérifié le .
8 min de lecture
Peut-on se passer du réseau ?
Non, pas dans une maison ordinaire, et ce n'est pas une affaire de volonté : trois moments de l'année échappent au toit. La nuit, il ne produit rien. En décembre, sous un ciel bas, il produit moins qu'en plein été, à la saison où la maison consomme le plus. Et sur une pointe, quand le four et les plaques tournent ensemble, il ne suit pas.
Se couper du réseau demande de couvrir ces trois moments avec du matériel. Il faut une batterie pour les jours sans soleil, un appoint pour les épisodes qu'elle ne couvre pas, et une production taillée pour l'hiver plutôt que pour l'été. Tout ce matériel s'achète, et il dort une partie de l'année.
Reste le décalage des saisons, qui ne se rattrape pas. Une batterie déplace l'électricité d'une journée à la suivante, pas d'août à décembre, et un été ne se met pas de côté.
Rester raccordé a un prix, et il se lit d'avance. L'abonnement, 15,90 € par mois, ouvre l'accès au réseau. Le TURPE paie l'acheminement, et il est compris dans chaque kilowattheure soutiré.
Vu du calcul, le réseau tient le rôle d'une réserve disponible toute l'année, dans les deux sens. C'est la pièce qu'aucune batterie de maison ne remplace. Reste à savoir jusqu'où une maison peut aller malgré tout. Le guide l'indépendance énergétique d'une maison reprend la question par les taux, sur nos cas de 6 et 9 kWc, et donne le prix de chaque pas.
Quelle part de sa consommation une maison peut-elle couvrir ?
Sur notre cas de Toulouse, le toit de 6 kWc couvre 39 % de ce que la maison consomme. Ce taux porte un nom, l'autoproduction. C'est la part de votre consommation que le toit fournit, mesurée sur une année entière, et on l'appelle aussi taux d'autarcie.
Les totaux annuels n'expliquent pas ce chiffre. La même installation produit 7 162 kWh par an, quand la maison consomme 7 000 kWh par an : les deux totaux se ressemblent, et le taux reste pourtant loin du compte.
C'est l'heure qui explique l'écart. Les panneaux produisent en cloche autour de midi, quand la maison consomme surtout le matin et le soir. Seule la partie où les deux se croisent compte comme couverte. Ce qui tombe à côté part sur le réseau d'un côté, et s'achète de l'autre.
Produire davantage ne referme pas cet écart : des panneaux ajoutés grossissent la production de midi, l'heure où la maison en a le moins l'usage. Il existe un taux jumeau, celui de l'autoconsommation, qui regarde la production au lieu de la facture. Sur le même cas, 38 % de ce que le toit produit reste dans la maison, quand 39 % de la consommation vient de lui. Les deux taux, et les gestes qui les font bouger, sont détaillés dans le pilier autoconsommation solaire.
HésiaSun, le moteur du site, croise les deux courbes heure par heure sur une année entière. Il tire la production de l'irradiation relevée par PVGIS au point de la maison, et il étale votre consommation sur les profils résidentiels d'Enedis. Une moyenne annuelle, elle, tient pour couvert ce qui est parti sur le réseau.
Solaire, thermique, éolien, kit : quoi pour une maison ?
Quatre familles de matériel se présentent chez les particuliers, et elles ne font pas le même travail.
Le photovoltaïque en toiture convertit la lumière en électricité, qui entre dans le compteur de la maison. C'est la seule des quatre que ce site calcule, et c'est d'elle que parlent les chiffres de cette page.
Le chauffe-eau solaire ne produit pas d'électricité : des capteurs chauffent un fluide, qui chauffe l'eau d'un ballon. Il travaille sur l'eau chaude sanitaire et non sur le compteur, et il ne se compare donc pas au photovoltaïque. Ce que chacun couvre, et le critère qui tranche, sont dans le guide chauffe-eau solaire ou photovoltaïque.
Le petit éolien existe aussi pour la maison, sous forme de machines montées sur un mât. Il demande un vent régulier et un terrain dégagé, loin des bâtiments et des arbres qui cassent le flux. Ces conditions se vérifient sur votre terrain, avant tout devis.
Les kits à brancher existent aussi. Ce sont un ou deux panneaux, posés au sol, sur un balcon ou contre un mur, reliés à un micro-onduleur et branchés sur une prise. Ils visent la consommation de fond, celle des appareils qui tournent toute la journée.
Nous ne chiffrons ici ni le petit éolien ni les kits. Pour les kits, le guide kits solaires plug and play déduit la production du productible relevé, sans en donner le prix. Pour le petit éolien, nous n'avons pas de relevé à citer, et un chiffre sans source n'entre pas sur ce site.
Que devient le surplus ?
Il part sur le réseau, et il se vend 1,1 centime par kilowattheure. Ce qui sort des panneaux sans trouver preneur dans la maison franchit le compteur : c'est le surplus. Le compteur communicant compte à part ce qui entre et ce qui sort.
Un contrat le rachète, au titre de l'obligation d'achat. Un acheteur obligé, désigné par la loi, paie le tarif fixé par arrêté pendant vingt ans, indexé de 2 % par an.
Ce tarif dépend de la date de votre demande complète de raccordement. L'arrêté du 1er juin 2026 l'a abaissé et a retiré la prime à l'investissement, pour les demandes déposées à partir du 5 juin 2026. Nous avons repris le texte point par point dans le guide ce qui a changé en juin 2026.
Vendre n'est pas une obligation, et un producteur peut choisir l'autoconsommation sans revente : son surplus part alors sur le réseau sans contrepartie. Dans les deux cas, le surplus quitte la maison, et c'est ce que le taux d'autoproduction raconte par l'autre bout.
Combien ça coûte, et combien ça évite ?
L'électricité du réseau se paie 0,2001 € le kilowattheure au tarif réglementé, abonnement à part. Chaque kilowattheure pris sur le toit est un kilowattheure que vous n'achetez pas à ce prix. Chaque kilowattheure poussé sur le réseau rapporte le tarif d'achat du surplus. Le premier vaut 18 fois le second, et c'est de cet écart que vient l'intérêt d'une installation.
Côté dépense, l'installation de notre cas coûte 11 000 € posée, et le pilier prix des panneaux solaires décompose ce devis ligne par ligne. Les économies qu'elle dégage couvrent cette somme en 15,6 ans, sous les hypothèses que le moteur affiche avec chaque résultat.
Le toit n'est d'ailleurs ni le premier levier d'une facture ni le moins cher. Le guide réduire sa facture d'électricité classe les autres leviers par nature d'effet.
Ce que font déjà les maisons françaises
Nous lisons les diagnostics de performance énergétique des maisons individuelles, et nous y comptons celles qui décrivent au moins un champ de panneaux. Elles sont 2,5 % du total.
En nombre, cela fait 118 428 maisons équipées, sur 4 659 041 diagnostics lus. Ces diagnostics viennent de l'Observatoire DPE-Audit de l'ADEME, et nous les relisons à chaque instantané publié.
Ce corpus décrit les maisons diagnostiquées, et non toutes les maisons de France. Un diagnostic s'établit à la vente, à la location et dans quelques autres cas prévus par la réglementation. Une maison qui ne bouge pas n'y figure pas.
Tout ce que nous lisons dans ce corpus est sur la page des chiffres, avec la date de l'instantané et le périmètre retenu. Vous pouvez donc regarder d'où sortent ces parts, et les recompter.
Ce qui peut changer ces chiffres
Notre cas décrit une maison à Toulouse, 7 000 kWh par an, toit plein sud sans ombre, consommation répartie selon les profils résidentiels d'Enedis. La vôtre a une autre adresse, un autre toit et d'autres horaires.
Vos horaires pèsent le plus lourd sur la part couverte. Une maison occupée la journée prend sur le toit ce qu'une maison vide laisse filer sur le réseau, et aucun catalogue ne connaît ces horaires-là.
Le tarif réglementé est révisé en février et en août. Il fixe la valeur de chaque kilowattheure que le toit vous évite d'acheter, et le montant de l'abonnement avec lui. Nous relisons cette page à chaque révision.
Le tarif d'achat du surplus, lui, dépend de l'arrêté en vigueur au dépôt de votre demande de raccordement. Un contrat signé garde ses conditions jusqu'à son terme, même si l'arrêté change ensuite.
Les panneaux perdent un peu de puissance chaque année, c'est la dégradation annuelle. Le moteur l'applique et l'écrit sous chaque résultat. Nous ne vendons rien aux particuliers : calculez votre cas, gardez les chiffres, emportez-les en rendez-vous.
Calculez chez vous
Deux questions, votre adresse et votre facture, et le résultat s'affiche en entier. Sans coordonnées, sans démarchage.
Sources
- Historique des tarifs réglementés de vente d'électricité pour les consommateurs résidentiels, Commission de régulation de l'énergie, données ouvertes sur data.gouv.fr. Consulté le 14 septembre 2026.
- Observatoire DPE-Audit, ADEME. Consulté le 14 septembre 2026.
- PVGIS 5.2, Commission européenne, Centre commun de recherche. Consulté le 14 septembre 2026.
- Arrêté du 1er juin 2026 modifiant l'arrêté du 6 octobre 2021 fixant les conditions d'achat de l'électricité produite par les installations photovoltaïques sur bâtiment de 500 kW au plus, Journal officiel n° 0129 du 4 juin 2026, Légifrance. Consulté le 14 septembre 2026.