Produire son électricité
L'indépendance énergétique d'une maison : jusqu'où on peut aller
Une maison couvre une part de sa consommation avec son toit, davantage avec une batterie, pas la totalité. Les taux des cas calculés, et le prix de chaque pas.
Par Eric Pudebat, ingénieur INSA en génie climatique. Publié le , vérifié le .
5 min de lecture
Que veut dire indépendant ?
Le mot recouvre trois choses distinctes, et elles ne se mesurent pas de la même façon.
Il y a d'abord la part de votre consommation qui vient de votre toit. Elle porte un nom, l'autoproduction, et c'est le taux que cette page suit.
Il y a ensuite la part de votre production qui reste chez vous. C'est l'autoconsommation, et elle regarde le toit plutôt que la facture.
Reste la capacité à vivre sans le réseau, qui ne s'écrit pas en pourcentage : c'est une affaire de matériel et de jours sans soleil.
Les deux premières se calculent heure par heure, sur une année entière, par la méthode du pilier produire sa propre électricité. Le guide taux d'autoconsommation et d'autoproduction explique en quoi elles diffèrent, et laquelle regarder.
Quand une page promet l'indépendance sans dire laquelle des trois, cherchez le taux d'autoproduction : c'est lui qui parle de votre facture.
Jusqu'où va le toit seul ?
Sur notre cas de Toulouse, un toit de 6 kWc couvre 39 % de la consommation, et l'agrandir ne fait pas monter ce taux comme on l'attend. Voici la même maison, une fois à 6 kWc, une fois à 9 kWc.
Maison à Toulouse, 7 000 kWh par an, 6 kWc plein sud
Puissance posée
6,0 kWc
Part de la consommation couverte
39 %
Part de la production gardée
38 %
Surplus parti sur le réseau
4 455 kWh par an
Investissement
11 000 €
Maison à Toulouse, 7 000 kWh par an, 9 kWc plein sud
Puissance posée
9,0 kWc
Part de la consommation couverte
42 %
Part de la production gardée
27 %
Surplus parti sur le réseau
7 820 kWh par an
Investissement
15 000 €
La deuxième ligne dit ce que le pas de 6 à 9 kWc rapporte, et la dernière ce qu'il coûte. Lisez-les ensemble, c'est l'écart entre les deux qui compte.
C'est l'heure qui explique ce plafond. Les panneaux produisent en cloche autour de midi, quand la maison consomme le matin et le soir. Les modules ajoutés produisent à l'heure où elle en a le moins l'usage.
Le surplus enfle donc plus vite que le taux. En passant à 9 kWc, la part gardée dans la maison recule, quand la part couverte progresse à peine.
Une maison ordinaire bute ainsi bien avant la totalité, et le calcul le montre avant l'achat. Le guide 3, 6 ou 9 kWc compare ces trois puissances poste par poste.
Jusqu'où va une batterie ?
Une batterie, lithium ou sodium, décale un kilowattheure dans le temps, et elle n'en produit aucun. Elle prend une part du surplus de midi et la rend le soir. Chaque kilowattheure ainsi rendu monte le taux d'autoproduction, et se soustrait au surplus.
Sa matière première est donc ce surplus, et rien d'autre. Le tableau plus haut en donne le volume annuel, pour les deux puissances.
Le pas suivant se heurte aux saisons. Une batterie déplace l'électricité d'une journée à la suivante, pas d'août à décembre, et un été ne se met pas de côté.
Deux limites valent d'être connues avant tout devis. Le trajet coûte de l'énergie, à la charge comme à la décharge. Et une batterie ne déplace rien les jours où la maison consomme déjà ce qu'elle produit.
Nous ne chiffrons ici ni son gain ni son prix. Le pilier batterie solaire pour la maison le fait sur nos cas, et le guide dimensionner une batterie part du surplus d'une seule journée.
Pourquoi le réseau reste
Le réseau reste pour trois raisons, et une seule tient au matériel.
La première est le décalage des heures et des saisons. Le pilier produire sa propre électricité déroule les trois moments qui échappent au toit, la nuit, l'hiver et les pointes de puissance.
Vient ensuite le surplus lui-même. Une maison qui produit plus qu'elle ne consomme à midi a besoin d'un endroit où pousser cette électricité. Le réseau l'absorbe, le compteur communicant la compte à part, et le guide tarif de rachat du surplus dit ce qu'elle vaut.
Reste le prix de l'accès, qui ne suit pas votre taux. L'abonnement vaut 15,90 € par mois et il ne bouge pas quand le toit produit. Le TURPE paie l'acheminement, et il est compris dans chaque kilowattheure soutiré.
Monter son autoproduction réduit donc la part variable de la facture et laisse la part fixe où elle est. C'est vrai à 6 kWc comme à 9 kWc, batterie ou pas.
Vu du calcul, le réseau joue une réserve disponible toute l'année, dans les deux sens. C'est le rôle qu'une batterie de maison ne remplit pas.
Ce qui peut changer ces chiffres
Nos deux cas décrivent la même maison à Toulouse, 7 000 kWh par an, toit plein sud sans ombre, consommation répartie selon les profils résidentiels d'Enedis. La vôtre a une autre adresse et d'autres horaires.
Vos horaires pèsent le plus lourd sur la part couverte. Une maison occupée en journée prend sur le toit ce qu'une maison vide laisse filer sur le réseau.
Votre mode de chauffage compte autant. Une maison chauffée à l'électricité consomme le plus en décembre, quand le toit donne le moins.
Le tarif réglementé est révisé en février et en août. Il fixe l'abonnement et la valeur de chaque kilowattheure que le toit vous évite d'acheter, et nous relisons cette page à chaque révision.
Nous ne vendons rien aux particuliers et nous ne transmettons aucun devis : calculez votre cas, gardez les chiffres, emportez-les en rendez-vous.
Calculez chez vous
Deux questions, votre adresse et votre facture, et le résultat s'affiche en entier. Sans coordonnées, sans démarchage.
Sources
- Historique des tarifs réglementés de vente d'électricité pour les consommateurs résidentiels, Commission de régulation de l'énergie, données ouvertes sur data.gouv.fr. Consulté le 15 septembre 2026.
- PVGIS 5.2, Commission européenne, Centre commun de recherche. Consulté le 15 septembre 2026.