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Produire son électricité

Chauffe-eau solaire ou photovoltaïque : lequel pour votre maison

Le thermique chauffe l'eau directement, le photovoltaïque produit une électricité qui peut la chauffer. Ce que chacun couvre, et le critère qui tranche.

Par , ingénieur INSA en génie climatique. Publié le , vérifié le .

6 min de lecture

Deux techniques, deux usages

Les deux techniques partent de deux familles de capteurs, et ce qui en sort ne se compare pas terme à terme.

Un capteur thermique chauffe un fluide, qui chauffe l'eau d'un ballon par un échangeur. L'ADEME écrit que les capteurs plans vitrés, les plus répandus, produisent de l'eau entre 50 et 80 °C.

Un module photovoltaïque, lui, fabrique de l'électricité. Elle entre dans le compteur et sert n'importe quel appareil, du four au ballon, par la chaîne que déroule le guide comment marchent les panneaux solaires.

Toute la différence est dans ce qui sort du capteur. La chaleur du thermique n'a qu'un usage. Les kilowattheures du photovoltaïque, eux, vont à n'importe quel appareil de la maison.

Un chauffe-eau solaire ne réduit donc que la part eau chaude de votre facture, quelle que soit sa qualité. Le pilier produire sa propre électricité replace ces deux familles parmi ce qu'un particulier peut poser chez lui.

Que couvre un chauffe-eau solaire ?

Il couvre une part des besoins d'eau chaude, qui varie au fil de l'année : 40 à 70 % des besoins moyens annuels d'eau chaude sanitaire, écrit l'ADEME. Ce sont des besoins d'eau chaude, pas une part de la facture ni de la consommation du logement.

C'est la saison qui explique cette fourchette. L'ADEME écrit qu'en période estivale, la totalité de la demande en eau chauffée peut être couverte. L'hiver, la même installation demande un appoint.

Cet appoint est indispensable, et l'ADEME le dit en ces termes. Il prend la forme d'un autre ballon, d'une chaudière ou d'une pompe à chaleur, séparé du ballon solaire ou intégré à lui.

Le lieu change la taille de l'installation plutôt que sa faisabilité : l'ADEME écrit qu'il y a suffisamment de soleil en France, même au nord, carte d'ensoleillement à l'appui. Pour une famille de quatre personnes et le même usage, elle compte 4 m² de capteurs dans le Nord de la France, 2 m² dans le Sud.

Le volume du ballon se règle sur le foyer. L'ADEME publie des repères de taille par nombre de personnes, et déconseille le surdimensionnement, qui coûte plus cher et chauffe pour rien.

Que couvre un chauffe-eau électrique piloté par le toit ?

Il couvre ce que le toit produit à l'heure où le ballon chauffe, et rien de plus. Un ballon électrique consomme des kilowattheures ordinaires, et un toit photovoltaïque en fabrique, dont le ballon se sert comme tout autre appareil.

Tout se joue donc à l'heure. Un ballon qui part à deux heures du matin consomme quand le toit ne produit rien. Déplacé en milieu de journée, il consomme pendant la cloche de production.

C'est ce que mesure l'autoconsommation. Sur notre cas à Toulouse, 6 kWc plein sud gardent 38 % de leur production dans la maison, et couvrent 39 % de sa consommation.

Le ballon est le premier usage qu'on déplace, parce qu'il stocke de la chaleur pour plus tard. Le guide augmenter son autoconsommation chiffre ce geste sur nos cas de référence.

Un toit ne couvre pourtant pas l'eau chaude à lui seul. Il sert toute la maison, et ce qui ne trouve pas preneur part sur le réseau. Ce que devient cette part est dans le guide autoconsommation avec revente du surplus.

Combien de maisons chauffent l'eau à l'électricité ?

Sur les maisons individuelles dont nous lisons le diagnostic, 58,0 % chauffent l'eau à l'électricité. Nous comptons celles dont le diagnostic déclare l'électricité comme énergie principale de l'eau chaude sanitaire, sur 4 659 041 diagnostics lus.

Ces diagnostics viennent de l'Observatoire DPE-Audit de l'ADEME, et le périmètre retenu, la date de l'instantané et les effectifs sont sur la page des chiffres.

Ce corpus décrit les maisons diagnostiquées, et non toutes les maisons de France. Un diagnostic s'établit à la vente, à la location et dans quelques autres cas prévus par la réglementation.

Cette part pèse sur le choix. Une maison qui chauffe l'eau au gaz ne compare pas les mêmes choses qu'une maison tout électrique, puisque le photovoltaïque n'agit que sur l'électricité.

Le critère qui tranche

Le critère qui tranche est l'usage que vous voulez couvrir, et votre ballon actuel vient juste après.

Si l'objectif est l'eau chaude seule, le thermique travaille directement dessus. L'ADEME écrit que le chauffe-eau solaire apporte de 40 à 70 % d'énergie en moins pour l'eau chaude, selon l'appoint, la zone climatique, le volume du ballon et les usages.

Si l'objectif est de réduire la facture d'électricité entière, le photovoltaïque ne vise aucun usage en particulier. Il remplace de l'électricité achetée, quel que soit l'appareil qui la consomme. Il n'est pas meilleur sur l'eau chaude, il est moins spécialisé, et son électricité se déplace d'un usage à l'autre.

Avant ces deux questions, il y a un point matériel : l'ADEME écrit qu'un ballon déjà posé ne s'intègre pas au système solaire. Un chauffe-eau solaire implique donc un ballon neuf, conçu pour cet usage.

Le photovoltaïque, lui, n'impose rien au ballon. Il alimente celui qui est déjà posé, et le geste se limite à changer son heure de chauffe.

Les deux ne s'excluent pas, et l'ADEME les présente même en complément. Ce qu'ils se disputent, c'est la même surface de toit bien exposée.

Ce site ne calcule que le photovoltaïque, comme le rappelle le pilier produire sa propre électricité. Un projet thermique se chiffre avec un professionnel qualifié, sur les repères de l'ADEME.

Ce qui peut changer ces chiffres

Les parts de l'ADEME sont des résultats d'instrumentation, moyennés sur des installations suivies. Votre maison a son ciel, son ballon et ses horaires de douche.

La durée de vie diffère aussi d'un matériel à l'autre. L'ADEME retient de 20 à 30 ans pour des capteurs plans de qualité, et des durées plus courtes pour le circulateur, les sondes et la régulation.

Notre cas photovoltaïque décrit une maison à Toulouse, 7 000 kWh par an, toit plein sud sans ombre, consommation répartie selon les profils résidentiels d'Enedis.

La part de maisons à l'eau chaude électrique suit enfin les instantanés de l'Observatoire. Nous la recomptons à chaque publication, et la page des chiffres porte la date.

Nous ne vendons rien et nous ne transmettons aucun devis : calculez votre cas photovoltaïque, gardez le résultat, emportez-le en rendez-vous.

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Sources

  1. Comment adopter le solaire thermique ?, ADEME, collection Clés pour agir, référence 013099, édition de décembre 2025. Consulté le 15 septembre 2026.
  2. Observatoire DPE-Audit, ADEME. Consulté le 15 septembre 2026.
  3. PVGIS 5.2, Commission européenne, Centre commun de recherche. Consulté le 15 septembre 2026.