Technique
Le Soleil vu de votre toit : ensoleillement et production, région par région
L'ensoleillement ne se mesure pas en heures de soleil mais en irradiation reçue par mètre carré. Ce que PVGIS relève pour chaque préfecture, mois par mois.
Par Eric Pudebat, ingénieur INSA en génie climatique. Publié le , vérifié le .
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Heures de soleil ou irradiation ?
C'est l'irradiation qu'il faut regarder : une durée d'ensoleillement ne dit rien de l'intensité de la lumière pendant cette durée.
L'irradiation mesure l'énergie solaire reçue par une surface pendant une période, et s'exprime en kilowattheures par mètre carré. Deux villes peuvent afficher la même durée d'ensoleillement et ne pas recevoir la même énergie.
Hespul explique cet écart par la hauteur du Soleil dans le ciel. Plus il est haut, plus l'angle de ses rayons approche la perpendiculaire, plus la distance qu'ils parcourent dans l'atmosphère est courte, et plus leur intensité est forte. Une heure de soleil de décembre et une heure de juin ne pèsent donc pas pareil.
Ce qui arrive sur un panneau se compte donc en énergie, et c'est un relevé d'irradiation qui se convertit en production, pas une durée d'ensoleillement.
Le facteur qui relie la puissance posée à la production annuelle porte un nom, le productible. Le guide convertir des kWc en kWh détaille cette conversion et ce qu'elle suppose.
Combien reçoit chaque région ?
Chaque département a sa valeur, relevée à sa préfecture, et la carte ci-dessous les montre toutes.
Chaque tracé porte ce qu'un kilowatt-crête produit en une année à la préfecture du département, sur un toit plein sud. La valeur vient de PVGIS, l'outil du Centre commun de recherche de la Commission européenne. L'inclinaison et les pertes retenues sont écrites sous le relevé.
Ce relevé est fait avant votre visite, et le site le lit dans son dépôt. Hespul justifie cette façon de faire : la répartition du rayonnement solaire n'est uniforme ni dans l'espace ni dans le temps, mais un même lieu reçoit à peu près la même quantité totale d'énergie chaque année. Une année pluvieuse ne change pas le gisement d'un département.
La même page liste ce dont l'ensoleillement dépend à un moment donné : la situation géographique, avec la latitude, l'altitude et la topographie, la saison, et la couverture nuageuse. Les deux premières se relèvent, la troisième varie d'un jour à l'autre.
Votre département a sa propre page, avec ses barres mensuelles et sa boussole des orientations, et la carte des départements y mène.
Que produit un ciel voilé ?
Un ciel voilé produit moins qu'un ciel dégagé, mais il produit : la lumière du jour sous les nuages est elle-même du rayonnement solaire.
Hespul décompose la lumière exploitée par les panneaux en trois parts. Le rayonnement direct arrive du Soleil sans obstacle. Le rayonnement diffus vient des diffractions et des réflexions de ce direct par les nuages. Le troisième vient de l'albédo, c'est-à-dire de la réflexion par le sol, d'autant plus forte que la surface est claire.
Du diffus, la même page écrit qu'il représente une part significative du rayonnement total, parfois majoritaire, et la situe à 60 % à Lille contre 40 % dans le Sud de la France. Un panneau convertit ce diffus comme il convertit le direct.
Le rapport exact entre un jour couvert et un jour clair ne se lit pas ici. Il dépend du lieu, du mois et de l'heure, et le simulateur le calcule à partir du relevé de votre point de toiture. C'est aussi sur ce terrain, chiffres à l'appui, que se règle l'idée reçue selon laquelle les panneaux ne marchent pas dans le Nord.
L'hiver et l'été
Pour voir ce que fait la saison, voici quatre départements du nord au sud, mois par mois.
La forme des quatre bandes se ressemble : un creux en hiver, un sommet en été. Ce qui change d'une ligne à l'autre, c'est la hauteur des barres, donc l'échelle.
Cette forme suit la hauteur du Soleil, comme la première section l'a rappelé. Le creux ne se comble donc pas par un réglage d'orientation ou d'inclinaison.
Elle croise mal la consommation d'une maison, qui monte en hiver et retombe en été. C'est pourquoi la part de production consommée sur place compte autant que la production annuelle, et le guide autoconsommation solaire part de ce décalage.
Ce qui peut changer ces chiffres
Le relevé est fait aux coordonnées de la préfecture, pas à votre adresse. Deux communes d'un même département n'ont ni le même horizon ni le même ciel.
L'ombre ne figure dans aucune de ces valeurs. Un arbre, une cheminée ou le pignon du voisin retire de la production aux heures où elle vaut le plus.
L'orientation et l'inclinaison du pan déplacent le résultat, et la carte suppose un toit plein sud. Le guide orientation des panneaux compare les directions, relevé en main.
Le relevé suit enfin les versions de l'outil, et nous le refaisons à chacune. Ce que devient cette lumière une fois sur le toit, du panneau au compteur, est dans le guide fonctionnement d'une installation photovoltaïque.
Nous ne vendons rien et nous ne transmettons aucun devis : calculez votre cas, gardez le résultat, emportez-le en rendez-vous.
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Sources
- PVGIS 5.2, Commission européenne, Centre commun de recherche. Consulté le 14 septembre 2026.
- Le gisement solaire, Photovoltaique.info, Hespul, dernière modification le 9 décembre 2024. Consulté le 14 septembre 2026.
- Les composantes de la lumière solaire, Photovoltaique.info, Hespul, dernière modification le 20 novembre 2024. Consulté le 14 septembre 2026.