Rentabilité et rendement
Panneaux solaires : sont-ils rentables en 2026 ? Le calcul complet
La rentabilité se calcule sur ce que vous consommez quand le toit produit, pas sur la production. Le calcul complet, sur trois villes, avec HésiaSun.
Par Eric Pudebat, ingénieur INSA en génie climatique. Publié le , vérifié le .
8 min de lecture
Qu'est-ce qui rend une installation rentable ?
Ce qui rend une installation rentable, c'est la part de sa production que la maison consomme sur place, parce que l'électricité gardée et l'électricité vendue n'ont pas le même prix. Le kilowattheure que vous consommez pendant que vos panneaux le produisent vous évite d'en acheter un à 0,2001 €. Le même kilowattheure poussé sur le réseau se vend 1,1 centime par kilowattheure. Le premier vaut 18 fois le second.
La part que vous utilisez sur place porte un nom, l'autoconsommation. C'est la fraction de votre production consommée dans la maison, à la seconde où elle sort des panneaux. Le reste forme le surplus, et le surplus ne rembourse presque plus rien depuis le 5 juin 2026.
Cet écart n'a pas toujours été aussi large. Le surplus se vendait autrefois à un tarif qui rendait la revente défendable, et produire large était alors la bonne réponse. La réforme de juin 2026 a retiré cet appui, et elle a déplacé toute la rentabilité vers l'usage.
Une installation rentable est donc celle qui produit quand la maison consomme, et ce n'est pas forcément la plus grande ni la mieux exposée. C'est celle qui colle le mieux à vos usages, le lave-linge de l'après-midi ou la voiture branchée en télétravail.
Le raisonnement courant fait l'inverse : il part d'une production annuelle, la multiplie par un prix, et annonce des économies. Une moyenne annuelle ne dit pas si quelqu'un était là à midi.
Le calcul, étape par étape
Le calcul passe par quatre étapes, dans cet ordre : la production, la consommation, leur croisement heure par heure, puis les économies de la première année.
La production vient d'abord. HésiaSun, le moteur du site, lit l'irradiation relevée par PVGIS au point exact de la maison, heure par heure sur une année type. Il en tire le productible du lieu, ce qu'un kilowatt-crête y produit en un an, puis la production de l'installation entière.
Le rendement des modules n'entre pas dans cette étape : il décide de la surface occupée, et un kilowatt-crête produit la même chose quel que soit le module. Le guide rendement d'un panneau solaire sépare les trois mots qu'on confond ici.
La consommation vient ensuite. Le moteur étale votre consommation annuelle sur les heures de l'année, à l'aide des coefficients de profil résidentiels publiés par Enedis. Ces coefficients décrivent comment un client moyen consomme au fil du temps, au pas de quinze minutes.
Le croisement vient après. Heure après heure, le moteur compare ce qui est produit et ce qui est consommé, et retient le plus petit des deux. La somme de ces minimums est votre autoconsommation réelle, et ce que la production dépasse part sur le réseau.
Les économies de la première année arrivent en dernier. Elles comptent l'électricité que vous n'achetez plus, chaque kilowattheure autoconsommé valant le prix que vous ne payez pas. La vente du surplus s'y ajoute à part, au tarif d'achat. Le retour est le nombre d'années qu'il faut à ces deux montants pour couvrir l'investissement.
Même maison à Lille, 6 kWc plein sud
Production
5 818 kWh par an
Part consommée
43 %
Économies an 1
497 €
Retour
16,9 ans
Maison à Toulouse, 7 000 kWh par an, 6 kWc plein sud
Production
7 162 kWh par an
Part consommée
38 %
Économies an 1
541 €
Retour
15,6 ans
Même maison à Marseille, 6 kWc plein sud
Production
8 693 kWh par an
Part consommée
32 %
Économies an 1
564 €
Retour
14,8 ans
Lisez ces quatre lignes ensemble plutôt qu'une à une. La production suit le soleil, du nord au sud, sans surprise. La part consommée va dans l'autre sens, et c'est elle qui resserre les retours.
Le croisement tourne sur chacune des heures de l'année et non sur une moyenne, et cette différence change le résultat lui-même. Une moyenne annuelle confond un kilowattheure produit à midi avec un kilowattheure appelé à vingt heures, et elle gonfle la part consommée.
Le Nord est-il moins rentable que le Sud ?
Le Nord est moins rentable, mais l'écart entre les villes reste plus serré que l'écart d'ensoleillement, parce que celui-ci n'est qu'un des deux termes du calcul.
Chaque barre porte une production mensuelle relevée dans PVGIS à la préfecture du département. Les trois profils ont la même forme, un creux en hiver et un sommet en été. Les barres du Nord sont plus basses, mais aucune n'est à plat, même en hiver.
Votre département a sa page, avec ses barres mensuelles et sa boussole des orientations, et la carte des départements y mène. La part des maisons déjà équipées, elle, se lit sur la page des chiffres du parc.
La part consommée sur place est l'autre terme du calcul, et c'est vous qui la faites, par vos horaires. Une maison occupée la journée à Lille bat une maison vide à Marseille.
Une production plus faible est aussi mieux absorbée. Elle dépasse moins souvent les besoins de la maison, donc elle part moins souvent sur le réseau. C'est ce qui rattrape une partie de l'écart d'ensoleillement, et c'est ce que le tableau ci-dessus montre. Nous avons déroulé la comparaison dans l'idée reçue « ça ne marche pas dans le Nord, ni l'hiver ».
L'orientation change-t-elle tout ?
Elle ne change pas tout, mais elle pèse plus lourd que la région, et la boussole ci-dessous le montre direction par direction.
Pan orienté
Sud1 303 kWh par kWc, le maximum
Environ 12 panneaux de 500 Wc.
Installation de 3 kWc
3 908kWh / an
Pan sud
Installation de 6 kWc
7 817kWh / an
Pan sud
Installation de 9 kWc
11 725kWh / an
Pan sud
PVGIS 5.2, Commission européenne, aux coordonnées de Toulouse, incliné à 35°, pertes 14 %. Une valeur relevée par direction, pas une règle de trois.
Tournez la boussole : chaque direction porte sa propre production, relevée dans PVGIS pour ce département. Le sud arrive en tête, le nord en dernier, et les directions intermédiaires se rangent entre les deux.
Un toit est-ouest produit moins qu'un toit plein sud. En échange, il étale sa production du matin au soir au lieu de la concentrer à midi. Cette répartition peut relever la part consommée, et reprendre une partie de ce qu'elle a perdu en production.
Le sens du rattrapage dépend de vos horaires : une maison vide à midi y gagne, une maison qui déjeune chez elle y perd. Seul un calcul sur vos heures le dit. Les huit directions, relevées pour trois départements, et ce qu'une source dit de l'inclinaison, sont dans le guide orientation des panneaux.
Combien d'années pour rentrer dans ses frais ?
Sur nos trois maisons, il faut 16,9 ans à Lille, 15,6 ans à Toulouse et 14,8 ans à Marseille pour que les économies cumulées rattrapent l'investissement.
Ce nombre n'est pas une promesse, c'est le résultat d'un calcul sous des hypothèses écrites. Le moteur retient une hausse annuelle du prix de l'électricité et une indexation du tarif d'achat du surplus.
Ces deux hypothèses sont affichées sous chaque résultat du simulateur, avec le reste de ses paramètres, pour que vous puissiez les lire et les contester. Quand on vous annonce un temps de retour, demandez les hypothèses qui vont avec : sans elles, le nombre ne se vérifie pas.
Deux installations au même temps de retour ne se valent pas pour autant. Celle qui coûte le moins cher immobilise moins d'argent pour le même résultat, et le montant investi se lit donc avec le nombre d'années.
Au-delà du retour, l'installation continue de produire. Sur l'horizon retenu par le moteur, la maison de Toulouse dégage 8 917 €. C'est ce total, et non le seul temps de retour, qui dit ce que l'installation rapporte. Nous avons déroulé ce calcul sur cinq cas dans le guide amortissement des panneaux solaires, avec ce qui raccourcit le retour et ce qui l'allonge.
Ce qui fait échouer un calcul de rentabilité
Cinq hypothèses périmées ou manquantes font échouer un calcul de rentabilité, et chacune gonfle le résultat dans le même sens.
Le prix du kilowattheure se périme d'abord. Le tarif réglementé a monté jusqu'en 2024, puis il a reculé. Un calcul resté sur l'ancien sommet surestime chaque kilowattheure évité.
Vient ensuite une prime qui n'existe plus. La prime à l'investissement a disparu pour les nouvelles demandes de raccordement depuis le 5 juin 2026. Un calcul qui la retranche encore du prix affiché part d'un investissement trop bas.
Le tarif de rachat pose le même problème quand il date d'avant la réforme. Le surplus se vend aujourd'hui 1,1 centime par kilowattheure, et un calcul qui garde l'ancien tarif transforme le surplus en revenu, alors qu'il n'en est presque plus un.
Multiplier une production annuelle par un prix, sans profil de consommation, revient à supposer que tout est consommé sur place. Le croisement heure par heure le dément sur chacun de nos cas.
Reste la surface de toit prise pour une consommation. Le toit dit ce qui tiendrait dessus, pas ce qui vous sert. Un projet qui part de la surface pose des panneaux sans poser la question de ce que la maison consomme.
Ce qui peut changer ces chiffres
Les trois cas décrivent la même maison, 7 000 kWh par an, toit plein sud sans ombre, consommation répartie selon les profils résidentiels d'Enedis. Chez vous, l'ombre d'un arbre, d'une cheminée ou d'un pignon retire de la production que ces cas ignorent.
Le tarif réglementé est révisé en février et en août. Le prix du kilowattheure évité suit, et le temps de retour avec lui. Nous relisons cette page à chaque révision.
Vos horaires pèsent autant que votre région. Décaler le lave-linge, piloter le chauffe-eau sur les heures de production, recharger une voiture l'après-midi : ces gestes augmentent votre autoconsommation sans rien coûter.
Les panneaux perdent un peu de puissance chaque année, c'est la dégradation annuelle. Le moteur l'applique et l'écrit sous chaque résultat. Nous ne vendons rien et nous ne transmettons aucun devis : calculez votre cas, gardez le résultat, emportez-le en rendez-vous.
Calculez chez vous
Deux questions, votre adresse et votre facture, et le résultat s'affiche en entier. Sans coordonnées, sans démarchage.
Sources
- PVGIS 5.2, Commission européenne, Centre commun de recherche. Consulté le 13 septembre 2026.
- Historique des tarifs réglementés de vente d'électricité pour les consommateurs résidentiels, Commission de régulation de l'énergie, données ouvertes sur data.gouv.fr. Consulté le 13 septembre 2026.
- Coefficients des profils, Enedis, données ouvertes. Consulté le 13 septembre 2026.
- Arrêté du 1er juin 2026 modifiant l'arrêté du 6 octobre 2021 fixant les conditions d'achat de l'électricité produite par les installations photovoltaïques sur bâtiment de 500 kW au plus, Journal officiel n° 0129 du 4 juin 2026, Légifrance. Consulté le 14 septembre 2026.