Technique
PVGIS : l'outil européen qui calcule ce qu'un toit solaire produit, et comment le lire
PVGIS, l'outil gratuit de la Commission européenne, calcule la production d'un toit solaire. D'où viennent ses chiffres, comment les lire, ce qu'il ne voit pas.
Par Conseil Solaire. Publié le , vérifié le .
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Qu'est-ce que PVGIS ?
PVGIS est un service public européen. Son nom veut dire Photovoltaic Geographical Information System, et il est tenu par le Centre commun de recherche de la Commission européenne, le JRC. Il répond à une question simple : si je pose des panneaux ici, avec cette pente et cette orientation, combien d'électricité vais-je produire dans l'année ?
Il est gratuit et sans inscription1, et ses résultats sont libre d'usage, en citant la source5. C'est pour cela que les installateurs sérieux, les bureaux d'études et ce site s'appuient dessus : tout le monde lit la même source, et chacun peut vérifier.
L'outil se présente comme une carte. On y pointe un lieu, on remplit quelques réglages, et il rend la production d'un kilowatt-crête, mois par mois. Le guide comment fonctionne une installation photovoltaïque dit où ce chiffre entre dans la chaîne, du panneau au compteur.
D'où viennent ses chiffres ?
De l'espace, pour l'essentiel. PVGIS lit les satellites Meteosat, à quatre kilomètres de maille environ2, qui observent l'Europe en continu et en tirent l'énergie que le sol reçoit, heure par heure, sur de longues séries d'années. Là où le satellite voit mal, il complète par une réanalyse météorologique à trente kilomètres de maille environ.
Cette énergie reçue est l'irradiation. Elle ne devient de l'électricité qu'après trois calculs. Le premier tient compte de l'angle sous lequel la lumière frappe le panneau : une partie se réfléchit sans entrer. Le deuxième tient compte de la chaleur : le rendement baisse quand le module chauffe, plus ou moins selon la technologie2. Le troisième tient compte du relief : PVGIS connaît le relief à quatre-vingt-dix mètres près, et quand une colline cache le soleil, il ne compte que la lumière diffuse.
Reste ce qui se perd entre le panneau et la prise : l'onduleur, les câbles, les écarts entre modules, l'usure. PVGIS ne les calcule pas un par un. Il applique 14 % de pertes système, valeur que le JRC recommande2, et c'est une valeur que l'utilisateur peut changer. Le guide rendement d'un panneau solaire dit ce que ces pertes représentent sur une installation réelle.
Comment lire un résultat PVGIS
Le chiffre qui compte est la production annuelle d'un kilowatt-crête, en kilowattheures par an. C'est le productible du lieu. Multiplié par la puissance de votre toit, il donne votre production. Le guide kWc en kWh fait cette conversion département par département.
En dessous, PVGIS donne la production de chaque mois. C'est là qu'on voit l'hiver : à la même adresse, décembre produit plusieurs fois moins que juillet. C'est cette courbe, pas la moyenne, qui décide d'une batterie ou d'un chauffe-eau piloté. Le guide ensoleillement et production montre ces courbes pour chaque préfecture.
PVGIS donne aussi l'écart-type des productions annuelles3 : d'une année sur l'autre, le soleil ne donne pas la même chose, et cet écart dit à quel point le chiffre annuel est une moyenne. Enfin, il détaille les pertes qu'il a appliquées, poste par poste, ce qui permet de comparer son hypothèse de 14 % à ce que dit un devis.
Faire soi-même le calcul, en cinq réglages
Ouvrez l'outil, pointez votre maison sur la carte ou tapez son adresse, puis réglez ceci.
La puissance, en kilowatts-crête3. Mettez 1 si vous voulez le productible, ou la puissance de votre devis si vous voulez la production. Le guide combien de panneaux solaires dit comment cette puissance se choisit.
Les pertes système. Laissez la valeur par défaut si vous ne savez pas ; un installateur qui annonce moins doit dire pourquoi.
La pente, en degrés depuis l'horizontale. Un toit de maison courant est entre vingt et quarante degrés, et la pente se lit sur le plan ou se mesure au pignon.
L'orientation. Attention au repère : dans PVGIS, l'orientation se compte depuis le sud3, le sud vaut zéro, l'ouest est positif et l'est négatif. Un toit plein sud-ouest se règle à quarante-cinq. Le guide orientation des panneaux solaires chiffre ce que chaque direction coûte.
La technologie des modules, enfin. Le silicium cristallin est le cas courant, et c'est le réglage par défaut. PVGIS peut aussi chercher lui-même la meilleure pente et la meilleure orientation, utile pour un champ au sol, moins pour un toit qui est ce qu'il est.
Ce que PVGIS ne voit pas
Les ombres proches, d'abord : les ombres des maisons et des arbres voisins ne sont pas prises en compte2. Une cheminée, un pignon voisin, un arbre qui grandira retirent de la production que PVGIS ne connaît pas. C'est le premier écart entre son chiffre et celui d'un toit réel. L'installateur les voit sur place, et son devis doit en tenir compte.
Les pertes ensuite. Les 14 % sont une moyenne raisonnable, pas la mesure de votre installation. Un onduleur bien placé, des câbles courts et des modules neufs font mieux ; un onduleur au soleil fait moins bien.
Le temps, enfin. PVGIS calcule sur des années passées, et rend une année moyenne. Votre première année sera au-dessus ou en dessous, et l'écart-type qu'il affiche dit de combien. Il ne connaît pas non plus votre consommation : il dit ce que le toit produit, pas ce que vous en gardez. C'est tout l'objet du calcul heure par heure, décrit dans la méthode du site.
Comment ce site s'en sert
Deux fois, et à deux échelles. Pour les cent un départements, nous avons relevé une fois pour toutes la production d'un kilowatt-crête aux coordonnées de chaque préfecture. Plein sud, incliné à trente-cinq degrés, avec les pertes recommandées, puis pour les huit orientations. Ces valeurs vivent dans le dépôt du site, elles n'appellent PVGIS à aucune visite, et la carte des départements les montre avec leur date de relevé. La version lue à ce relevé est PVGIS 5.3, écrite sous chaque chiffre.
Pour votre maison, le moteur du site interroge PVGIS au point exact de votre adresse, pas à la préfecture, et récupère l'irradiation heure par heure sur une année type. Il la croise avec votre consommation, heure par heure elle aussi, pour calculer ce que vous consommez sur place et ce qui part sur le réseau. PVGIS seul ne fait pas cette seconde moitié. Calculez votre toit : le productible PVGIS s'affiche avec le reste, et ses hypothèses avec lui.
Les versions : 5.2, 5.3 et 6
PVGIS change à mesure que les bases de données s'allongent. Le JRC publie la version 5.3 en production, et la version 6 en bêta1. Le site relève en 5.3 depuis le 24 octobre 2026. La 5.2 et la 5.3 reposent sur les mêmes principes, avec une base satellite plus récente et trois années de plus dans la seconde. PVGIS 6 réécrit l'outil et prolonge les données jusqu'en 2024 ; tant qu'il est en bêta, nous ne relevons pas dessus.
Un chiffre PVGIS cité sans sa version ni ses réglages est difficile à comparer. Demandez les deux à qui vous le présente, et refaites le calcul : il prend cinq minutes, et il est gratuit.
Calculez chez vous
Deux questions, votre adresse et votre facture, et le résultat s'affiche en entier. Sans coordonnées, sans démarchage.
Sources
- Photovoltaic Geographical Information System (PVGIS), page de présentation, Centre commun de recherche de la Commission européenne. Consulté le 24 octobre 2026.
- Data sources & calculation methods, Centre commun de recherche de la Commission européenne, documentation PVGIS. Consulté le 24 octobre 2026.
- PVGIS 5 user manual, Centre commun de recherche de la Commission européenne, documentation PVGIS. Consulté le 24 octobre 2026.
- PVGIS 5.3, Commission européenne, Centre commun de recherche. Consulté le 24 octobre 2026.
- Usage Conditions & Data Protection, Centre commun de recherche de la Commission européenne, documentation PVGIS. Consulté le 24 octobre 2026.