Batterie et stockage
Batterie virtuelle : comment ça marche, ce que ça coûte, ce que ça rapporte
Une batterie virtuelle est un contrat : le surplus est crédité, le kilowattheure repris paie l'acheminement. Le principe, les frais, et quand elle vaut mieux.
Par Eric Pudebat, ingénieur INSA en génie climatique. Publié le , vérifié le .
6 min de lecture
Que fait une batterie virtuelle ?
Elle tient un compte, et c'est l'ADEME qui le dit le plus simplement : une batterie virtuelle est un mécanisme contractuel purement comptable.
Le trajet de l'électricité, lui, ne change pas. Vos panneaux produisent, la maison consomme ce qu'elle peut à cet instant, et le reste passe le compteur : c'est le surplus. Il part sur le réseau dès qu'il est produit.
Ce qui change se passe dans la comptabilité du fournisseur. Il enregistre les kilowattheures que vous injectez, puis il vous ouvre le droit d'en soutirer autant plus tard, à prix réduit. Rien n'est mis de côté nulle part.
Une coupure de réseau le montre bien : aucune alimentation pendant une coupure du réseau, puisqu'il n'existe aucune réserve chez vous. Le compteur, l'onduleur et le raccordement sont d'ailleurs ceux d'une installation ordinaire en vente du surplus.
L'offre emporte aussi le reste de votre facture : le contrat de fourniture passe chez l'éditeur de l'offre. Le prix de votre électricité de tous les jours change donc avec elle, et pas seulement le sort du surplus.
Que paie-t-on sur un kilowattheure repris ?
On paie le réseau et les taxes, dans tous les cas. Un kilowattheure repris est un kilowattheure soutiré, et un kilowattheure soutiré paie son acheminement.
Cet acheminement a un nom, le TURPE, fixé par la Commission de régulation de l'énergie et révisé chaque 1er août. Sa part variable vaut 4,99 centimes par kilowattheure pour un branchement résidentiel sans différenciation horaire, et sa part fixe 11,41 € par kilovoltampère et par an.
Les taxes et contributions s'y ajoutent. Sur la facture d'un particulier, acheminement, taxes et contributions pèsent ensemble environ 50 % du prix hors taxes, d'après le centre de ressources d'Hespul.
Les conditions générales des deux offres que nous avons lues le disent chacune à leur manière. La première valorise la restitution à la part énergie du tarif réglementé, et écrit que les taxes et contributions restent dues sur la quantité injectée puis restituée. La seconde indexe la restitution sur le tarif réglementé hors taxes, moins la composante de soutirage du TURPE.
Le service lui-même se facture à part. Les deux éditeurs prélèvent un abonnement mensuel, l'un calculé sur une capacité en kilowattheures, l'autre sur la puissance du générateur, et des frais d'entrée existent selon les offres.
Deux clauses se lisent avant de signer : elles disent ce que devient un crédit que vous n'avez pas consommé. Chez le premier éditeur, le surplus qui dépasse la consommation de l'année est indemnisé à un quart de la part énergie, et seulement sur demande. Chez le second, les kilowattheures stockés sont cédés au fournisseur le jour où le contrat s'arrête.
Que rapporte-t-elle par rapport au tarif de rachat ?
Elle rapporte davantage par kilowattheure, avec moins de garantie sur la durée. Les deux voies ne se comparent donc pas sur un seul chiffre.
Vendre le surplus rapporte 1,1 centime par kilowattheure, un tarif fixé par arrêté et non par le vendeur, dont le guide le tarif de rachat du surplus détaille le contrat. Sur notre maison de référence à Toulouse, 6 kWc plein sud, 4 455 kWh par an partent sur le réseau, et la vente rapporte 49 € la première année.
Une batterie virtuelle, elle, valorise le surplus sur le tarif réglementé, celui auquel vous achetez, dont un kilowattheure coûte 0,2001 €. L'écart avec le tarif d'achat est connu : un kilowattheure consommé chez vous vaut 18 fois un kilowattheure vendu.
Entre ce prix affiché et ce que vous touchez, trois retenues s'intercalent. Il y a l'abonnement mensuel du service, puis l'acheminement et les taxes sur chaque kilowattheure repris, et enfin le plafond de crédit que certains contrats posent.
La durée pèse autant que le prix. Un contrat d'obligation d'achat fixe le tarif pendant vingt ans, indexé de 2 % par an, alors qu'une offre de stockage virtuel se révise, et s'arrête si l'entreprise s'arrête.
L'ADEME en tire une conclusion prudente : l'intérêt économique de ces offres est non garanti, à analyser au cas par cas, écrit son avis sur l'autoconsommation individuelle.
Quand vaut-elle mieux qu'une batterie réelle ?
Son avantage le plus net sur une batterie physique, c'est qu'il n'y a ni matériel à poser aujourd'hui, ni matériel à remplacer plus tard.
Une batterie réelle a un prix à payer d'un coup, occupe un mur du garage, et vieillit à chaque cycle. Une batterie virtuelle ne demande rien à installer, mais elle facture un service tous les mois, et l'acheminement de chaque kilowattheure repris.
En retour, elle ne rend aucun des services physiques d'une batterie. Elle ne vous secourt pas pendant une coupure, n'efface pas la pointe du soir sur votre propre compteur, et ne garde aucune énergie chez vous.
Les deux se décident sur la même matière, votre surplus réel. Le guide dimensionner sa batterie explique comment le mesurer, et le pilier batterie solaire pour la maison comment choisir ensuite entre vendre, stocker et souscrire.
L'ADEME place les deux derrière un geste qui ne coûte rien : le décalage des consommations passe devant. Lancer le lave-linge à quatorze heures plutôt qu'à dix-neuf heures en fait partie, et le pilier autoconsommation solaire détaille ces gestes appareil par appareil. L'idée reçue « sans batterie, ça ne sert à rien » montre ce qu'une maison consomme sur place sans rien stocker du tout.
Ce qui peut changer ces chiffres
Le TURPE est révisé chaque 1er août par la Commission de régulation de l'énergie. Il fixe ce que coûte l'acheminement d'un kilowattheure repris, donc ce qui reste du crédit. Nous relisons cette page à chaque délibération tarifaire.
Le tarif réglementé bouge en février et en août. Il fixe la valeur de la part énergie sur laquelle les offres lues indexent leur restitution, et le crédit suit ses mouvements.
Les conditions décrites ici sont celles de deux offres, lues le jour de la rédaction. D'autres éditeurs existent, avec d'autres abonnements, d'autres plafonds et d'autres clauses de fin de contrat. Les conditions générales de l'offre qu'on vous propose se lisent article par article.
Le cas de Toulouse suppose une maison de 7 000 kWh par an, un toit plein sud sans ombre, et une consommation répartie selon les profils résidentiels d'Enedis. Votre surplus dépend de vos horaires, et c'est lui qui commande le reste.
Nous ne vendons rien aux particuliers et ne transmettons aucun devis. Calculez votre cas, gardez les chiffres, emportez-les en rendez-vous.
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Sources
- Les offres de « stockage virtuel » de l'électricité photovoltaïque, comment ça marche ?, ADEME, Agir pour la transition écologique. Consulté le 14 septembre 2026.
- Les avis de l'ADEME : autoconsommation individuelle d'origine photovoltaïque, ADEME, janvier 2025. Consulté le 14 septembre 2026.
- Le stockage virtuel, Photovoltaique.info, Hespul, dernière modification le 23 septembre 2025. Consulté le 14 septembre 2026.
- Conditions générales de vente mylight150, en vigueur en date du 1er août 2025, annexe 2 : options de stockage virtuel, MyLight Energy, éditeur de l'offre mylight150. Consulté le 14 septembre 2026.
- Conditions générales de vente Urban Solar Energy applicables au 1er juin 2026, puissance inférieure ou égale à 36 kVA, Urban Solar Energy, éditeur de l'offre de stockage virtuel. Consulté le 14 septembre 2026.
- Délibération n° 2026-105 du 21 mai 2026 portant décision sur l'évolution au 1er août 2026 de la grille tarifaire des tarifs d'utilisation des réseaux publics d'électricité dans les domaines de tension HTA et BT et sur l'évolution du paramètre Rf, Commission de régulation de l'énergie. Consulté le 14 septembre 2026.
- Arrêté du 1er juin 2026 modifiant l'arrêté du 6 octobre 2021 fixant les conditions d'achat de l'électricité produite par les installations photovoltaïques sur bâtiment de 500 kW au plus, Journal officiel n° 0129 du 4 juin 2026, Légifrance. Consulté le 14 septembre 2026.
- Historique des tarifs réglementés de vente d'électricité pour les consommateurs résidentiels, Commission de régulation de l'énergie, données ouvertes sur data.gouv.fr. Consulté le 10 septembre 2026.