Batterie et stockage
Batterie virtuelle : comment ça marche, ce que ça coûte, ce que ça rapporte
Une batterie virtuelle est un contrat : le surplus est crédité, le kilowattheure repris paie l'acheminement. Le principe, les frais, et quand elle vaut mieux.
Par Conseil Solaire. Publié le , mis à jour le , vérifié le .
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Que fait une batterie virtuelle ?
Elle tient un compte. Selon l'ADEME, une batterie virtuelle est un mécanisme contractuel purement comptable1.
Le trajet de l'électricité ne change pas : ce que la maison ne consomme pas sur le moment, le surplus, part sur le réseau.
Tout se joue dans la comptabilité du fournisseur. Il enregistre les kilowattheures injectés et vous ouvre le droit d'en soutirer autant plus tard, à prix réduit. Rien n'est mis de côté.
En cas de coupure de réseau, aucune alimentation pendant une coupure du réseau3, faute de réserve chez vous. Compteur, onduleur et raccordement sont ceux d'une installation ordinaire en vente du surplus.
L'offre emporte aussi le reste de votre facture : le contrat de fourniture passe chez l'éditeur de l'offre3. Le prix de votre électricité de tous les jours change donc avec elle.
Que paie-t-on sur un kilowattheure repris ?
Le réseau et les taxes : un kilowattheure repris est soutiré, et paie son acheminement.
Cet acheminement s'appelle le TURPE, fixé par la Commission de régulation de l'énergie et révisé chaque 1er août. Sa part variable vaut 4,99 centimes par kilowattheure6 pour un branchement résidentiel sans différenciation horaire, sa part fixe 11,41 € par kilovoltampère et par an.
Les taxes et contributions s'y ajoutent. Selon Hespul, acheminement, taxes et contributions pèsent ensemble environ 50 % du prix hors taxes3 de la facture d'un particulier.
Dans les deux offres étudiées, la première valorise la restitution à la part énergie du tarif réglementé5, taxes et contributions restant dues sur la quantité injectée puis restituée. La seconde indexe la restitution sur le tarif réglementé hors taxes, moins la composante de soutirage du TURPE4.
Le service se facture à part. Les deux éditeurs prélèvent un abonnement mensuel, l'un sur une capacité en kilowattheures, l'autre sur la puissance du générateur, et certaines offres ajoutent des frais d'entrée.
Avant de signer, lisez les clauses sur le crédit non consommé. Chez le premier éditeur, le surplus qui dépasse la consommation de l'année est indemnisé à un quart de la part énergie5, et seulement sur demande. Chez le second, les kilowattheures stockés sont cédés au fournisseur4 à l'arrêt du contrat.
Que rapporte-t-elle par rapport au tarif de rachat ?
Plus par kilowattheure, avec moins de garantie dans la durée.
Vendre le surplus rapporte 1,1 centime par kilowattheure7, tarif fixé par arrêté et non par le vendeur ; le guide le tarif de rachat du surplus détaille le contrat. Sur notre maison de référence à Toulouse, 6 kWc plein sud, 4 519 kWh par an9 partent sur le réseau, et la vente rapporte 50 € la première année.
Une batterie virtuelle valorise le surplus sur le tarif réglementé, celui auquel vous achetez, soit 0,2001 €8 le kilowattheure. Un kilowattheure consommé chez vous vaut 18 fois7 un kilowattheure vendu.
Entre ce prix affiché et ce que vous touchez s'intercalent l'abonnement mensuel, l'acheminement et les taxes sur chaque kilowattheure repris, et le plafond de crédit de certains contrats.
La durée pèse autant que le prix. Un contrat d'obligation d'achat fixe le tarif pendant vingt ans7, indexé de 2 % par an. Une offre de stockage virtuel se révise, et s'arrête si l'entreprise s'arrête.
Pour l'ADEME, dans son avis sur l'autoconsommation individuelle, l'intérêt économique de ces offres est non garanti, à analyser au cas par cas2.
Quand vaut-elle mieux qu'une batterie réelle ?
Son avantage net : aucun matériel à poser aujourd'hui ni à remplacer plus tard.
Une batterie réelle a un prix à payer d'un coup, occupe un mur du garage et vieillit à chaque cycle. Une batterie virtuelle ne demande rien à installer, mais facture un service chaque mois et l'acheminement de chaque kilowattheure repris.
Elle ne rend en revanche aucun service physique : pas de secours pendant une coupure, pas d'effacement de la pointe du soir, aucune énergie gardée chez vous.
Les deux se décident sur votre surplus réel. Le guide dimensionner sa batterie explique comment le mesurer, et le pilier batterie solaire pour la maison comment choisir ensuite entre vendre, stocker et souscrire.
L'ADEME place les deux derrière un geste gratuit : le décalage des consommations passe devant2. Lancer le lave-linge à quatorze heures plutôt qu'à dix-neuf en fait partie ; le pilier autoconsommation solaire détaille ces gestes appareil par appareil. L'idée reçue « sans batterie, ça ne sert à rien » montre ce qu'une maison consomme sur place sans rien stocker.
Ce qui peut changer ces chiffres
La Commission de régulation de l'énergie révise le TURPE chaque 1er août. Il fixe le coût d'acheminement d'un kilowattheure repris, donc ce qui reste du crédit. Nous relisons cette page à chaque délibération tarifaire.
Le tarif réglementé bouge en février et en août. Les deux offres étudiées indexent leur restitution sur sa part énergie, et le crédit suit.
Les conditions décrites sont celles de deux offres, à la date de rédaction. D'autres éditeurs pratiquent d'autres abonnements, plafonds et clauses de fin de contrat. Lisez article par article les conditions générales de l'offre qu'on vous propose.
Le cas de Toulouse suppose une maison de 7 000 kWh par an9, un toit plein sud sans ombre et une consommation répartie selon les profils résidentiels d'Enedis. Votre surplus dépend de vos horaires, et il commande le reste.
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Sources
- Les offres de « stockage virtuel » de l'électricité photovoltaïque, comment ça marche ?, ADEME, Agir pour la transition écologique. Consulté le 14 septembre 2026.
- Les avis de l'ADEME : autoconsommation individuelle d'origine photovoltaïque, ADEME, janvier 2025. Consulté le 14 septembre 2026.
- Le stockage virtuel, Photovoltaique.info, Hespul, dernière modification le 23 septembre 2025. Consulté le 14 septembre 2026.
- Conditions générales de vente mylight150, en vigueur en date du 1er août 2025, annexe 2 : options de stockage virtuel, MyLight Energy, éditeur de l'offre mylight150. Consulté le 14 septembre 2026.
- Conditions générales de vente Urban Solar Energy applicables au 1er juin 2026, puissance inférieure ou égale à 36 kVA, Urban Solar Energy, éditeur de l'offre de stockage virtuel. Consulté le 14 septembre 2026.
- Délibération n° 2026-105 du 21 mai 2026 portant décision sur l'évolution au 1er août 2026 de la grille tarifaire des tarifs d'utilisation des réseaux publics d'électricité dans les domaines de tension HTA et BT et sur l'évolution du paramètre Rf, Commission de régulation de l'énergie. Consulté le 14 septembre 2026.
- Arrêté du 1er juin 2026 modifiant l'arrêté du 6 octobre 2021 fixant les conditions d'achat de l'électricité produite par les installations photovoltaïques sur bâtiment de 500 kW au plus, Journal officiel n° 0129 du 4 juin 2026, Légifrance. Consulté le 14 septembre 2026.
- Historique des tarifs réglementés de vente d'électricité pour les consommateurs résidentiels, Commission de régulation de l'énergie, données ouvertes sur data.gouv.fr. Consulté le 10 septembre 2026.
- HésiaSun, Confer SAS. Consulté le 11 septembre 2026.